Mercredi 5 avril


encore excluEs d’une réunion publique sur la prostitution !

Aujourd’hui, des militantEs des Putes ont souhaité participer à une réunion publique censée être ouverte à toutEs sur le thème de la prostitution à l’occasion de la coupe du monde en Allemagne. Nous nous attendions à une grande réunion, il n’y avait qu’une vingtaine de personnes. Après que nous nous soyons présentéEs comme travailleuSEs du sexe lors du tour de table de présentation, Malka Marcovich, directrice pour l’Europe de la Coalition Against Traficking in Women ; nous a ordonné de quitter la salle, ce que nous avons refusé puisque nous sommes les réelles expertes sur le sujet. Il a fallu l’intervention des vigiles pour nous faire quitter les lieux.

CATW, qui organise un lobby puissant, présent au sein de différentes instances nationales et européennes, fortement subventionné, avance le chiffre de 40 000 femmes importées en Allemagne à l’occasion de la coupe du monde. On se demande bien comment a été évaluée cette prévision, déjà en octobre soit neuf mois avant même qu’ait lieu l’événement. Mais comme souvent, les abolitionnistes inventent des chiffres fantaisistes, avançant des pourcentages précis du nombre de femmes victimes de traite alors que la majorité des travailleuSEs du sexe préfèrent rester dans la clandestinité étant donné la peur de la répression ou du fisc. Comme d’habitude, ils font l’amalgame entre prostitution et trafic des femmes, aucune distinction n’est faite entre les personnes qui migrent de leur propre volonté, comme il en existe beaucoup parmi les travailleuSEs du sexe, et des personnes qui d’après eux seraient en 2006 déportées légalement sans que personne ne sache comment ? S’ils pouvaient au moins citer leurs sources, ils seraient plus crédibles…

Ceci montre encore une fois que la parole des premièrEs concernéEs gênent les abolitionnistes dans leur processus de victimisation qu’elles nous imposent. La vérité sur la prostitution les dérange et elle ne doit surtout pas intervenir avec leurs beaux discours, au risque de nous stigmatiser encore plus.

Si des abolitionnistes plein de compassion désirent lutter contre des formes d’esclavage qui existent dans les métiers du sexe tout comme dans d’autres métiers, qu’ils ne le fassent pas au détriment de l’ensemble des travailleuSEs du sexe qui en ont assez de ne pas être écoutéEs. Ce n’est pas en voulant nous éradiquer qu’ils nous aideront. Nous voulons pouvoir exercer notre métier dans les meilleures conditions possibles et donc en dehors de la clandestinité qui nous est imposée à cause entre autres de ces abolitionnistes qui ne supportent pas que notre métier puisse être reconnu comme tel. C’est en sortant la prostitution de la clandestinité que nous pourrons aider des personnes victimes de traite et qui pourront s’appuyer sur des droits aujourd’hui inexistants en France ou encore limités en Allemagne.

Pour le Camille Cabral 06 74 67 03 33

Pour Maîtresse Nikita 06 60 08 34 67