samedi 1er avril

Les Putes interrompent un colloque de putophobes !.

Aujourd’hui samedi 1er avril 2006, le groupe activiste Les Putes, accompagné de la Coordination du Mouvement Etudiant de La Sorbonne, est intervenu lors de la présentation d’un manifeste suite au colloque du COMITE PERMANENT DE LIAISON DES ASSOCIATIONS ABOLITIONNISTES au Trocadéro.

Bien que la 1ère partie du colloque était censée donner la parole « aux personnes ayant vécu la prostitution », le CPL (Comité Permanent de Liaison des associations abolitionnistes) a refusé de nous laisser participer au débat. Parmi les participantes refusées, Camille Cabral travailleuse du sexe, et conseillère de Paris du XVIIème arrondissement. Camille Cabral est en effet déjà trop connue comme défenseure des droits des travailleuSES du sexe et pour la reconnaissance de notre travail.

Notre groupe Les Putes a souhaité intervenir car nous ne comprenons pas que des gens qui prétendent vouloir aider les « personnes prostituées » comme ils disent, refusent dans le même temps d’entendre notre parole et pire nous la confisquent.

Les personnes considérées comme expertes sur la prostitution sont rarement les travailleuSEs du sexe elles-mêmes, mais plutôt des sociologues, des psychologues, des travailleurs sociaux, des féministes, etc. La parole des putes est un enjeu de pouvoir pour ces abolitionnistes qui prétendent vouloir nous « sortir de là » comme ils disent. Les vraies expertes, les premières concernées, sont elles privées de leur parole.

La stigmatisation des travailleuSEs du sexe passe autant par la victimisation que par la culpabilisation. Les travailleuSEs du sexe sont d’un côté taxéEs d’être des victimes qu’il faut protéger et de l’autre coupables d’être des nuisances, un trouble à l’ordre public, des vecteurs d’épidémie.

C’est grâce à ces arguments abolitionnistes que la loi Sarkozy pour la sécurité intérieure instaurant la pénalisation du racolage passif a pu être votée.

Si la répression et la clandestinité du travail sexuel ont favorisé les problèmes de proxénétisme, de traite, d’esclavage, la reconnaissance du travail sexuel et l’accès à des droits sociaux pour les travailleuSEs du sexe doit pouvoir laisser plus de choix et régler ces problèmes.

Car c’est en s’appuyant sur des droits qu’on peut adopter une stratégie d’empowerment.

Pour que la prostitution reste un choix nous revendiquons donc :

- pour les trans’, le droit au changement d’état civil selon leur genre revendiqué afin d’avoir une identité conforme à leur apparence et ainsi ne plus être excluEs du monde du travail et pouvoir choisir d’autres métiers que la prostitution.
- pour les étrangèrEs, la régularisation de touTEs les sans papierEs, pas seulement des APS mais des titres de séjour avec permis de travail afin d’avoir la possibilité d’autres métiers.
- pour les toxicomanes et usagères de drogues, la légalisation de toutes les drogues afin de ne plus être dépendantes de dealers proxénètes et pouvoir se fournir légalement des produits dont la qualité sera assurée car contrôlée. Les femmes alcooliques sont en effet beaucoup moins victimes de proxénétisme de la part de leur fournisseur d’alcool !
- l’abrogation de l’article L50 de la Loi pour la Sécurité Intérieure pénalisant le racolage passif.

La légitimation du travail sexuel et la reconnaissance de nos droits permettront d’offrir davantage de choix pour les travailleusEs du sexe.

Contacts presse :

Pour le Camille Cabral 06 74 67 03 33

Pour Maîtresse Nikita 06 60 08 34 67