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Critiques du modèle suédois

Une évaluation du rapport de la politique sur la prostitution en Suède de Gunilla Ekberg.

Janvier 2007
Par: Vincent Clausen, traduit de l'anglais depuis le site www.sexworkeurope.org

Analyse: Le rapport de Gunilla Ekberg de la politique suédoise sur la prostitution est fréquemment pris comme référence dans les débats
internationaux, et forme une part des bases de connaissances sur lesquelles s’appuient les stratégies et approches qui sont discutées et
construites. Il est par conséquent d’une importance grandissante de faire une évaluation de la validité des assertions spécifiques faites
dans l’article d’Eksberg. Ce texte tente d’en faire l’évaluation.
Onze des revendications spécifiques ont été sélectionnées, et pour chacune d’entre elles analysées en regard de la véracité des sources
utilisées, de l’utilisation spécifique de ses sources, et de toutes leurs fonctions dans le rapport d’Ekberg. Cet article montre que des
matériaux subordonnés sont utilisés comme preuve dans l’article d’Ekberg, et que dans nombres de cas les conclusions des rapports et
autres sources ont été faussées. Ekberg tire fréquemment des conclusions qui sont en contradiction directe ou autrement en conflit avec
les preuves des sources utilisées. Cet article soutient que le rapport d’Ekberg devrait être vu comme un manifeste politique, plutôt qu’un
essai de rapporter les effets de la prohibition de l’achat de services sexuels.

En octobre 2004 Violence contre les femmes a apporté un rapport de l’expérience suédoise de criminalisation de l’achat de services
sexuels. (1) Ce rapport, La loi suédoise qui prohibe l’achat de services sexuels, a été écrit par Gunilla Ekberg. (2) Jusqu’à la fin de 2006
(3) elle fut fonctionnaire au ministère suédois de l’Industrie, de l’Emploi et des Communications, au sein de la Division pour l’Egalité
de Genre. Elle occupait la position de conseillère spéciale sur les sujets de la prostitution et du trafic des femmes.
La politique suédoise sur la prostitution attire l’attention internationale, à cause de l’approche unique du gouvernement suédois.
La politique de la prostitution en Suède est une politique de criminalisation. Cependant, étant opposée aux précédents internationaux
en matière de criminalisation, la loi suédoise criminalise spécifiquement l’achat de services sexuels. L’offre de services
sexuels n’est pas sujet à criminalisation. Cette loi a été adoptée en 1998 et pris effet le 1er janvier 1999.
Dans les années suivant l’adoption de la loi, il y a eu une pression internationale pour une évaluation de l’approche suédoise. Dans son
article, Gunilla Ekberg dresse un rapport de l’expérience suédoise. Ekberg asiste à de nombreuses conférences et audiences à l’étranger.
Son article est fréquemment pris comme référence dans les débats internationaux, et forme une part des bases de connaissances sur lesquelles s’appuient les stratégies et approches qui sont discutées et construites. (4) On peut donc faire valoir, d’une importance grandissante de l’évaluation de la validité des assertions spécifiques faites dans son article.
Ce présent texte tente d’en faire une première. Cet article ne développera pas une évaluation de la stratégie suédoise à l’égard
de la prostitution. Les principes derrière la loi suédoise ne seront pas discutés. Le présent article se concentrera sur la justification des
assertions spécifiques faites par Gunilla Ekberg dans son rapport de l’expérience suédoise.

Le point de vue d’Ekberg
Initiallement, Ekberg dresse les principes qui sont derrière l’approche suédoise. Après ce paragraphe initial, l’article d’Ekberg explore
pour l’embellir les effets de la loi, de manière à fournir une évaluation des résultats de la stratégie suédoise, dans le contexte des
principes établis en amont. Nous devrions donc avant tout examiner la perception d’Ekberg de ces principes.
Selon Ekberg, la prostitution réduit les femmes engagées dans le commerce du sexe à des marchandises.(5) La prostitution est vue comme une forme de violence, sans considération des circonstances.(6) Il en suit que ces femmes marchandisées, sujettes à la violence sexuelle, constituent une catégorie d’êtres humains exploitables, qui ne sont ainsi pas en droit de jouir des mêmes mesures d’autonomie et de dignité que les autres(7) Notre priorité devrait donc avant tout être d’aider les femmes engagées dans le commerce du sexe à quitter la prostitution.(8) La prostitution et le trafic d’êtres humains pour l’achat de services sexuels « … sont vus comme des sujets qui ne peuvent, et ne devraient pas, être séparés… » Ekberg n’explique pas clairement pourquoi cela devrait être souligné, ni pourquoi ces sujets ne devraient pas être traités séparément. Cependant, comme l’autonomie de toutes les femmes dans la prostitution a été réduite, la prostitution et le trafic n’apparaissent plus fondamentalement de nature différente.
Après avoir mis en lumière les aspects violents (ou la nature) de la prostitution/trafic, Ekberg continue et commente le concept de
légalisation. Ekberg prétend que nous devrions être opposés à la légalisation, parce que de telles mesures imposent une charpente
juridique, avec laquelle est permis le contrôle et l’exploitation de la sub-catégorie des femmes marginalisées.(10) Ainsi, Ekberg conclut, que la stratégie d’élimination de la prostitution/trafic dans son ensemble par la criminalisation est préférable.
Ekberg prétend, que s’il n’y avait pas de demandes pour le commerce du sexe, il n’y aurait pas de marché pour le sexe commercialisé non
plus.(11) Ceci, en combinaison avec le concept de criminalisation, produit le principe, que l’achat de services sexuels devrait être
criminalisé.(

12) Il est à noter que le lien entre chacune de ces positions est sous cette formule idéologique largement implicite, plutôt qu’explicite. Cela signifie que la justification de toute la ligne du raisonnement est laissée au jugement des lecteurs.

Onze revendications spécifiques examinées

Le rapport d’Ekberg est seulement en partie une étude des preuves empiriques. La grande partie de l’article est une présentation de ses
positions idéologiques. Les références aux documents politiques et les preuves empiriques sont disséminées tout au long de l’article. Nous examinerons maintenant quelques unes des assertions spécifiques faites dans le texte. Par commodité, ces assertions seront groupées en cinq thèmes.
A certaines occasions Ekberg fait référence à des rapports spécifiques comme source d’information de ce qu’elle présente. Dans ces cas, les revendications d’Ekberg seront comparées à ce que contiennent les sources spécifiées. Une attention spéciale sera donnée à la nature des sources utilisées par Ekberg. Dans les autres cas Ekberg ne spécifie pas ses sources. Face à ces situations, quand les sources ne sont ni indiquées ni publiées, la plausibilité des revendications faites par Ekberg seront discutées dans le contexte d’autres recherches de ce champ, qui étaient disponibles au moment de la publication de l’article d’Ekberg.
La liste des déclarations controversées présentées ici n’est nullement considérée comme étant une liste exhaustive. En particulier,
dans nombre de cas où les sources ne sont pas indiquées, et où les sources consistent en des « conversations personnelles », elles n’ont
pas été retenues comme prioritaires dans la liste ci-dessous. Les citations des rapports suédois et autres sources seront fournies en
abondance. Tout d’abord, cela rendra heureusement plus facile pour le lecteur de faire son propre jugement. Deuxièmement, certaines sources seront assez incommodes à obtenir pour les non-résidents de la Suède. En espérant que les citations et traductions fournies par l’auteur de cet article seront utiles au lecteur.

Thème A : Quels remaniements des marchés pour la prostitution ?

Déclaration 1 et 2

« Cela prend souvent des années après qu’une loi entre en vigueur pour
que la norme exprimée dans cette loi particulière s’inscrive fermement
dans une société. La loi en Suède a pris effet depuis 5 ans. Durant
cette période, la prostitution de rue a décliné dans toutes les régions
du pays, et la majorité des acheteurs de prostitution ont disparu. »(13)

« De 1999 jusqu’à aujourd’hui, le nombre de femmes engagées dans la
prostitution de rue a diminué d’au moins 30 à 50 % … »(14)

Dans ces deux exemples, aucune source n’est indiquée. La réduction du
nombre d’acheteurs de la prostitution de rue est décrite en première
page comme le résultat d’une certaine morale et effet normatif de la
loi. En fait, la police est intervenue systématiquement contre la
prostitution de rue, la seule zone de prostitution que la police peut
efficacement contrôler. Comme en prévision, la police a rapporté un
dramatique déclin du nombre d’acheteurs de prostitution dans la
prostitution de rue après sa criminalisation. Comme Ekberg l’affirme :

« …le nombre d’acheteurs (dans la prostitution de rue) a diminué de
75 à 80 %... »(15)

Ceci est tout à fait correct, il est lié au nombre de femmes dans la
prostitution de rue qui a diminué.
Les chiffres du second passage correspondent à peu près avec les
estimations d’un rapport issu du Bureau National sur la Santé et le Bien
être de Juin 2004. Selon ce rapport, la réduction du nombre de femmes
engagées dans la prostitution de rue devrait être de 40%.(16)
En présentant ces développements sous ce contexte, Ekberg suggère que
l’offre et la demande, et ainsi la prostitution dans son ensemble, a
diminué comme résultat de la criminalisation. Une des controverses à ce
sujet est, cependant, que ce déclin à la fois de la demande et de
l’offre dans la prostitution de rue après l’intervention de la police
devrait être soit interprété comme une diminution du marché de la
prostitution dans son ensemble, soit devrait être vu comme le remaniement
et la réorganisation des marchés de la prostitution. En d’autres
termes, que la prostitution s’est déplacée d’une scène (la
prostitution de rue), qui est contrôlée par la police, à d’autres
scènes qui ne peuvent pas être efficacement contrôlées.
Un autre point (fréquemment négligé) devrait être présenté ici. Le
fait qu’un nombre de personnes isolées ont entièrement quitté la
prostitution ne témoigne pas en soi d’une réduction d’ensemble de la
prostitution. Des personnes isolées sont toujours entrées dans la
prostitution à un temps donné, puis l’ont quitté plus tard. Certaines
entrent dans la prostitution pour la quitter de suite. Ce n’est pas un
fait particulier de la prostitution mais de toutes les scènes de
prostitution.
Conclusion. Quand on parle seulement de prostitution de rue, plutôt que de
la prostitution dans son ensemble, il est correct de dire qu’il y a eu un
déclin de la prostitution. Il est cependant, trompeur de décrire ce
déclin comme s’il était le résultat d’une certaine morale ou effet
normatif de la loi. En évacuant la discussion du « déclin » ou du «
remaniement », Ekberg suggère que les développements dans la
prostitution de rue reflètent une nouvelle prise de conscience morale, et
une diminution globale de l’offre et de la demande.

Déclaration 3

« … le recrutement de nouvelles femmes (dans la prostitution de rue) est
presque parvenu à un arrêt »(17)

Il n’y a pas de source claire pour cette information. La prostitution de
rue est présente dans les trois grandes villes de Suède : Stockholm,
Gotheborg et Malmo. Selon un rapport issu du Bureau National sur la Santé
et le Bien être en Juin 2004, le nombre de femmes engagées dans la
prostitution de rue à Stockholm et Gotheborg s’est stabilisé, pendant
qu’il a été en augmentation estimée de 69% à Malmo depuis 1999(18).
Tandis qu’il est vrai de dire, que le nombre de femmes dans la
prostitution de rue en Suède a diminué dans son ensemble depuis que la
loi a pris effet, il peut difficilement être prétendu, que : « … le
recrutement de nouvelles femmes est presque parvenu à un arrêt ».
Conclusion. Il n’est pas correct de dire que le recrutement de nouvelles
femmes dans la prostitution de rue est parvenu à un arrêt. Aussi, il
n’est pas clair quelle source a été utilisée.

Déclaration 4

« Il n’y a pas de preuve que la vente de femmes s’est déplacée des
rues à Internet… »(19)

La source indiquée est une série de rapports annuels sur la prostitution,
issue de la police de Stockholm, 1991-2002. Ces rapports ne sont pas
publiés. Un rapport issu du Bureau national de la Santé et du Bien être
constate que :

« Il y a aussi des informations des autorités et des offices de police
qui affirment que d’autres types de prostitution (autres que la
prostitution de rue) ont augmenté, tels la prostitution via les média
Internet et la prostitution en appartement, et les hôtels/restaurants.
»(20)

« La majorité (des informateurs clés) croit que beaucoup (de
prostituées de rue) se sont déplacées vers d’autres scènes et modes
de contact, tels Internet et les téléphones mobiles. Un certain nombre de
prostituées se sont fait une clientèle stable et n’ont donc plus besoin
d’être présentes dans les rues. »(21)

Il est signalé que des facteurs autres que la criminalisation devrait
être pris en compte, telle la popularisation d’Internet et des
téléphones mobiles. De comparables développements été déjà observés
en 1998 (avant la criminalisation).(22) Ainsi, l’augmentation des médias
Internet et d’autres formes de prostitution en intérieur peuvent être
ou peuvent ne pas être des effets de la nouvelle situation légale.
Pareillement, le Bureau National de la Santé et du Bien être note dans un
rapport plus tardif, que l’augmentation de la prostitution sur Internet
n’est pas un phénomène suédois isolé, des développements similaires
sont aussi observés dans d’autres pays, tels les Etats Unis.(23) Ainsi,
selon le bureau il est discutable de savoir si oui ou non, et dans quelle
mesure, l’augmentation notée de la prostitution sur Internet et via les
téléphones mobiles dans le précédant rapport est un résultat de la
prohibition de l’achat de services sexuels.
Une chercheuse indépendante Petra Ostergren a conduit une étude
qualitative comprenant la participation de quinze femmes engagées dans la
prostitution. Le mouvement des rues vers Internet est confirmé par les
conclusions de cette étude :

« Les informantes ont considéré qu’il est plus difficile d’entrer en
contact avec les clients en extérieur depuis la loi de criminalisation. En
conséquence, les fournisseurs de services sexuels doivent à un degré
plus haut se relier à d’autres chaînes de contact, tels Internet et des
proxénètes, ce que certaines ont considéré être désavantageux »(25)

Conclusion. Ekberg fait allusion ici aux sujets de « déclin » ou de «
remaniement » des scènes de la prostitution, bien que dans le contexte
réduit de la rue face à la prostitution sur Internet. Selon les rapports
du Bureau National sur la Santé et le Bien être, un remaniement a pris
place, bien qu’il ne soit pas clair si, et dans quelle mesure, ceci est
un résultat de la criminalisation. Qu’importe les causes, le déclin de
la prostitution de rue et l’augmentation de la prostitution sur Internet
(et d’autre types) ont pris place simultanément. Ceci est soutenu par
d’autres preuves (Ostergren). Donc, Ekberg est en erreur en prétendant
qu’il n’y a pas de preuve que la prostitution s’est déplacée des
rues vers Internet.

Déclaration 5

« Par contraste, depuis que la loi est entrée en force, il n’y a pas
d’augmentation notable du nombre d’hommes suédois qui voyagent vers
d’autres pays comme touristes sexuels. »(26)

Aucune source n’est indiquée. Une étude de la population sur les
habitudes sexuelles des citoyens suédois, a conclu en 1996 à la requête
de l’Institut National de la Santé Publique, que :

« Presque 80% de tous les contacts sexuels contre paiement ont eu lieu à
l’étranger. »(28)

Il est plus loin affirmé que :

« Beaucoup d’hommes ont seulement expérimenté le commerce du sexe à
l’étranger, et ne sont rarement ou jamais acheteurs sur le marché
suédois. »(29)

Notez que cette étude reflète la situation avant la criminalisation.
En fait, il y a eu une augmentation du tourisme sexuel suédois vers la
Finlande voisine. Le client suédois va en Finlande, ramasse une femme
fournissant des services sexuels, et la ramène du côté suédois de la
frontière. Conséquemment, ils vont passer un ou plusieurs jours ensemble.
Un rapport issu du Département d’Investigation Criminel National
établit en 2003 :

« De plus en plus d’acheteurs de services sexuels dans le pays de
Norrbotten sont aujourd’hui les hôtes de ces filles qu’ils ont
précédemment rencontré par exemple à Kemimaa, Tornea et dans d’autres
endroits en Finlande. Certains des acheteurs de services sexuels/hôtes
visitent régulièrement d’autres femmes à Murmansk qu’ils ont
précédemment rencontré en Finlande. Les réseaux entre les acheteurs de
services sexuels/hôtes, les femmes et les personnes en charge de leur
transport se sont constamment développés. »(30)

Au moment où l’article d’Ekberg a été publié, il y avait aussi des
indications d’une certaine augmentation du tourisme sexuel suédois vers
le Danemark voisin. Par exemple, une augmentation du nombre de voitures
suédoises a été notée dans les environs de Copenhague, où la
prostitution de rue a lieu.(31) Cette projection n’était cependant pas
encore assez claire à ce moment.
Conclusion. Comme seulement 20% du nombre total des contacts de
prostitution avait lieu en Suède, une des questions aurait pu avoir pour
base l’augmentation du tourisme sexuel au moment de la criminalisation :
les utilisateurs suédois de la prostitution voyageaient déjà à ce
moment vers l’étranger. Cette situation donnée avant la
criminalisation, le potentiel d’une augmentation du tourisme sexuel
aurait dû être plutôt faible. En dépit de cela, il y a dans les faits
une augmentation du tourisme sexuel suédois. Ainsi, l’affirmation
d’Ekberg, « il n’y a pas de notable augmentation du nombre d’hommes
suédois qui voyagent vers d’autres pays comme touristes sexuels »,
représente mal l’existence d’un savoir dans ce champ.

Thème B : La campagne d’affichage

Déclaration 6

« Trois affiches ont été réparties dans 2 215 locations publiques à
travers le pays, incluant les abris de bus, les stations de métro, et les
tramways. Les affiches illustraient plusieurs thèmes et étaient conçues
avec des messages et des graphiques. L’affiche #1 dépeint un homme bien
habillé dans un costume et qui expose une proéminente bague de mariage
sur sa main. Il y est affirmé :
« Il est temps de tirer la chasse pour faire partir les michetons hors de
la Baltique. »(32)

Le slogan sur l’affiche en suédois est :

« Nu gar torsken till runt Ostersjon »(33)

La traduction correcte est : Le micheton rôde maintenant dans la mer
Baltique. L’affiche en question ne dit rien sur « tirer la chasse » ou
autrement mettre les michetons « hors de » la Baltique. L’affiche
affirme plutôt, que le tourisme sexuel prend maintenant place au sein de
la mer Baltique.
Conclusion. Ekberg déforme ici délibérément la traduction, probablement
pour dissimuler la contradiction manifeste à ce qu’elle prétend
ailleurs dans le même article : « … il n’y a pas de notable
augmentation du nombre d’hommes suédois qui voyagent vers d’autres
pays comme touristes sexuels. » (déclaration 5)
C’est une désinformation criarde.

Thème C : La confusion entre « prostitution » et « prostitution de rue »

Déclaration 7

« Au début des années 1990, approximativement 2000 femmes étaient dans
la prostitution de rue danoise, comparées avec les 5500 à 7800 en 2004…
»(34)

« 5500 à 7800 » est une estimation du nombre total des femmes dans la
prostitution au Danemark. Les chiffres ne se réfèrent pas à la
prostitution de rue. La source d’Ekberg, un article(35) des informations
danoises de TV2 sur Internet, dit que :

« En Suède, qui a des lois restrictives, il y a 2500 femmes dans la
prostitution comparées aux 5500 à 7800 au Danemark. »(36)
Conclusion. L’énoncé d’Ekberg est manifestement faux et aussi
inconsistant avec la source indiquée. Cet énoncé sert à donner au
lecteur une impression de la Suède ayant d’une manière accablante plus
de succès que ces pays voisins. Aussi, Ekberg utilise plutôt une source
subordonnée.


Thème D : La réduction du marché de la prostitution ?

Déclaration 8

« Il est estimé que le nombre de femmes dans la prostitution a diminué
passant de 2500 en 1999, avant que la loi entre en vigueur, jusqu’à pas
plus de 1500 femmes en Suède en 2002… »(39)

Ekberg nous fournit pas moins de sept sources :

1) « Parkrun 2004 »
2) « Sexkopslagen biter, Prostitutionen minskar i Sverige, (2004) »
3) « Otiz (2001) »
4) « Gripenlof, 1991-2002 »
5) « T.Ekman, Directeur pour le groupe Anti-Trafic de l’Autorité de
police de Gotheborg…, Conversation personnelle, 16 janvier 2004 »
6) « S-A.Mansson, Ecole du Travail Social à l’Université de
Gotheborg, Conversation personnelle, 12 Janvier 2004 »
7) « M.Sjostrand Persson, Directeur pour le groupe Prostitution au
Service Social de Malmo, Conversation personnelle, 16 Janvier 2004 »

Il n’y a rien de clair dans la présentation d’Ekberg de ses sources
où nous pourrions trouver exactement ce qui puisse soutenir sa
revendication : de 2500 à 1500. Ce qui est clair, c’est que trois de ses
sources ne sont pas des matériaux écrits (conversations personnelles).
Pour une audience internationale, il sera exigé de cette recherchequ’elle précise quelle est la nature du matériel écrit. « Parkrun »,« Sexkopslagen » et « otiz » sont des articles de journaux, tandis que« Gripenlof, 1991-2002 » est une série de douze rapports annuels issusde la Police de Stockholm.« Parkrun (2004) » est un petit article(40) dans Goteborgs-Posten écritpar Eva Parkrud(41). Parkrud prétend que le nombre de femmes engagéesdans la prostitution de rue a diminué de 25%.(42) Elle prétend de plus :
« Environ 2500 femmes dans la prostitution de rue fournissaient desservices sexuels payés avant que la criminalisation de l’achat deservices sexuels devienne effective, le 1er Janvier 1999. Aujourd’hui,cinq ans plus tard, le nombre de femmes dans la prostitution a diminué de500 à 1000 femmes. »(43)
Parkrud n’indique pas de rapport ou de document, qui puisse soutenir laprétention d’une réduction de 500 à 1000 (ou n’importe quel autrechiffre) femmes dans la prostitution. Parkrud échoue à concevoir, que le nombre de 2500 réfère au nombretotal de femmes dans la prostitution, et non de la prostitution de rueseulement. Exactement, la même erreur est faite une fois encore parParkrud, quand elle se réfère à la prostitution de rue danoise. SelonParkrud, le Danemark a entre 6000 et 7000 femmes dans la prostitution derue. Le nombre en fait se réfère au nombre total de femmes dans laprostitution au Danemark. Il semble, que ce que Parkrud a fait, a été de1) trouver que laprostitution de rue a diminué de 25%, 2) prétendre erronément que lenombre de femmes dans la prostitution de rue avant 1999 était de 2500 et3) calculer qu’un quart de 2500 est 625, entre 500 et 1000. L’articlede Parkrud est pauvre en recherches et basé sur des données erronées. « Sexkopslagen biter, Prostitutionen minskar i Sverige » (2004) » est unarticle(44) dans Hufvudstadsbladet (un journal finlandais), écrit parStefan Lundberg. L’article de Lundberg reproduit fondamentalement lecontenu de l’article de Parkrud dans le Goteborgs-Posten. L’article deLundberg a été publié un jour après celui de Parkrud. Lundberg prétend:
« Goteborgs-Posten a expliqué comment la loi marche en Suède. La loisuédoise a pris effet le 1er janvier 1999. A cette date là, on pense que2500 femmes dans le pays étaient engagées dans la prostitution.Maintenant, cinq ans plus tard, il y a eu une réduction de 500 à 1000.L’information vient de la police et des autorités sociales. »(45)
A l’opposé de Parkrud, Lundberg ne confond pas « prostitution » et «prostitution de rue ». Mais il retient le chiffre de 500 à 1000, qui estclairement reproduit de l’article du Goteborgs-Posten. Quand il prétendque « L’information vient de la police et des autorités sociales », lelecteur sera encore plus dérouté. Cette phrase en particulier estreproduite du Gotesborg-Posten, où le professeur Sven-Axel Manssonexplique que les chiffres sur la prostitution de rue sont basés surl’information de la police et des autorités sociales.(46) Quand Lundbergprétend que « … il y a eu une réduction de 500 à 1000.L’information vient de la police et des autorités sociales », celadonne au lecteur l’impression que les chiffres de 500 à 1000 peuventêtre soutenus par « la police et les autorités sociales », ce quin’est pas le cas. Parkrud a présenté ces chiffres à ses propresdépens, mais dans la version de Lundberg « la police et les autoritéssociales » prêtent involontairement légitimité à l’énoncé deParkrud.
« Otiz (2001) » est un article(47) paru dans Dagens Nyheter écrit parCaspar Opitz(48). Comme le titre de l’article le suggère (Laprostitution de rue diminue), l’article a pour sujet la prostitution derue. Il y est aussi discuté sans y apporter de conclusion si oui ou non laréduction du nombre de femmes dans les rues est parallèle à uneaugmentation de la prostitution en intérieur. L’article d’Opitzconfirme la réduction bien connue du nombre de femmes dans la prostitutionde rue, et plus spécifiquement de la prostitution à Malmskillnadsgatandans le centre de Stockholm. Mais son article ne soutient pas laprétention d’une réduction de 2500 à 1500 femmes dans la prostitution.
« Gripenlof, 1991-2002 » se réfère à douze rapports annuelsconsécutifs, issus de la Police de Stockholm, 1991-2002. Il n’est pasclair dans l’article d’Ekberg que a) la réduction de 2500 à 1500 aitété trouvée dans une quelconque formulation particulière des rapportsGripenlof ou si b) c’est l’opinion d’Ekberg, qui fait que tous lesdéveloppements présentés dans ces rapports ont combiné au point d’unetelle réduction. Dans la première hypothèse, nous pouvons nous demander pourquoi il n’ya aucune référence à une page spécifiée dans le rapport spécifié- etaussi pourquoi les rapports de 1991-1998 (avant la criminalisation) sontpertinents. Dans une seconde hypothèse, Ekberg aurait présenté sonanalyse explicitement, nous aurions donc pu avoir une chance de suivre saligne de pensée. Nous devrions noter, que les rapports de Gripenlof ne sont pas publiés.Ainsi ils ne sont pas publiquement disponibles. Or, Anders Gripenlof, leco-auteur de ces rapports, a personnellement établi en Avril 2003, qu’onne sait pas si la criminalisation a eu un effet sur le nombre total defemmes dans la prostitution en Suède :
« La criminalisation des utilisateurs de la prostitution a contribué àune réduction de la prostitution de rue en Suède. Le nombre de femmesdans la prostitution à Malmskillnadsgatan(49) a été réduit de plus de50%. D’un autre côté, nous ne savons pas s’il y a eu un effet sur laprostitution dans son ensemble, a dit l’inspecteur criminel AndersGripenlof du groupe prostitution au département d’investigation de lapolice métropolitaine » (50)
Les trois autres sources restantes sont toutes des « conversationspersonnelles ». Si ces conversations devaient servir comme preuve, nousdevrions savoir qui a dit quoi exactement, et – plus important- sur quelsrapports, matériels ou analyse leurs énoncés sont fondés. Aucune de cesinformations n’est fournie par Ekberg.Comme signalé plus tôt dans l’article, l’observation du nombre depersonnes isolées quittant la prostitution entièrement ne témoigne pasen lui-même une réduction de la prostitution dans son ensemble. (voirdéclarations 1 et 2)Conclusion. Ekberg ne réussit pas à présenter une quelconquedocumentation d’une quelconque réduction du nombre de femmes dans laprostitution dans son ensemble à travers les rapports de Gripenlof et deses trois conversations personnelles. L’article d’Opitz sur la prostitution de rue n’est pas pertinent. Cela nous laisse avec l’article de Parkrud dans le Gotesborgs-Posten etl’article de Lundberg dans Hufvudstadsbladet. Comme expliqué ci-dessus,l’article de Parkrud est pauvre en recherches, confus et basé sur desdonnées fausses. L’article de Lundberg est reproduit de l’article deParkrud. Cela signifie qu’Ekberg ne réussit pas à spécifier même unesimple pièce de documentation pour une quelconque réduction dans le totaldu nombre de femmes dans la prostitution. Comme signalé ci-dessus, la prétention de Parkrud (une réduction de 500à 1000) est basée sur un traitement erroné de données. Lundbergradicalise les écrits de Parkrud quand il prétend que l’informationvient de la police et des autorités sociales. La version de Lundberg estradicalisée encore plus quand elle se termine dans l’articled’Ekberg,où la réduction est maintenant supposée d’un total de 1000.C’est une mystification, débutant à Goteborg (Goteborgs-Posten), puispassant par helsinki (Hufvudstadsbladet), puis à l’article d’Ekberg,et ensuite par sa traduction en anglais à la communauté internationalevia Internet. Ces articles de journaux ne sont pas seulement de faiblequalité, ils sont une source de désinformation.

Thème E : Les effets sur le niveau du trafic des êtres humains

Quelques remarques devraient être faîtes ici à propos des conceptionssuédoises du trafic. Cela est nécessaire afin d’améliorer notrecompréhension de l’information statistique fournie par le Départementd’Investigation Criminel National (NCID).Dès le début, les rapports du NCID ont défini l’acte de traficd’êtres humains en accord avec la définition d’Europol.(51) Les NUn’ont pas encore à ce jour adopté son protocole de Palerme(52). Ceprotocole contient la première définition acceptée internationalement del’acte de trafic d’êtres humains. Les développements concernant leniveau de trafic ont été systématiquement contrôlés depuis 1999. En Suède, la législation spécifique sur le trafic d’êtres humains aété adoptée en 2002. Elle a été amendée en 2004, afin de se mettre enconformité avec le protocole de Palerme des NU. Comme telle, lalégislation suédoise (54) sur le trafic d’êtres humains est inspiréedu protocole de Palerme. La législation révisée de 2004 détournel’attention de la dimension transnationale à la condition de contrôlequi est exercé sur la victime. (56) En conséquence, les rapports annuelssur le trafic du NCID, issus de 2005 et 2006, ne fournissent pasd’estimation sur l’étendue du trafic. (58)Le sujet du trafic est fréquemment sujet à des discussions sur sadéfinition. Il y a une forte tendance dans le débat suédois àl’égard de cette notion de parler généralement de la prostitutioncomme une violence et exploitation. De ce point de vue, la prostitutionau-delà des frontières tend à être perçue comme du trafic sans égarddes circonstances. En effet, il n’est pas entièrement clair comment, et si le NCIDdistingue entre le trafic et l’organisation transnationale de laprostitution vers la Suède.(59) Dans le premier rapport du NCID (publiéen 1999) il est établi que « Le problème avec la considérationd’établir une étendue du problème du trafic des femmes est qu’il esttrès difficile d’estimer le nombre obscur. Dans la nature de ce cas,toutes les parties impliquées, les organisateurs, les femmes, et lesclients, n’ont aucun intérêt dans la pénétration (des autorités) deleurs activités. »(60) Le sixième rapport du NCID sur le trafic (publiéen 2004) établit que : « Selon l’évaluation du Départementd’Investigation Criminel National entre 400 et 600 femmes peuvent avoirété amenées jusqu’en Suède pour être utilisées dans la prostitutionen 2003. »(63) Ceci soulève quelques questions. Concernant l’extrait dupremier rapport de la situation : Si ‘les victimes de trafic’ incluentles femmes qui « n’ont aucun intérêt » à gagner dans lapénétration des autorités de leurs activités criminelles, comment leNCID distingue entre le ‘trafic’ et l’immigration illégale’ ? Lesextraits du sixième rapport de la situation suggèrent qu’aucunedistinction entre le ‘trafic’ et ‘l’organisation transnationale dela prostitution’ n’est faite. Il a été noté dans un rapport issu du ministère norvégien de laJustice que les perceptions populaires mentionnées ci-dessus – donccommunément abordées dans le débat suédois et les politiques dugouvernement- en combinaison avec la confusion des définitions, peut menerà une surestimation du nombre de victimes de trafic où que l’aspecttransnational soit présent, et à une sous-estimation comparable de la prostitution transnationalerégulière.(64) Pour résumer, la législation a été amendée en 2004 afin de se mettreen conformité avec le protocole de Palerme des NU. La démarcation entrele trafic des êtres humains, la prostitution transnationale organisée etl’immigration illégale n’est pas claire, du moins dans les rapportspubliés antérieurement à l’amendement de 2004. Apparemment, ladéfinition appliquée par les NCID (du moins jusqu’en 2004) estdifférente de la définition des NU, elle semble être élargie pourinclure une certaine proportion de prostitution non relatée au trafic(65),incluant la prostitution transnationale régulière et l’immigrationillégale. Dans les rapports annuels conséquents du NCID sur le trafic,issus de 2005 et 2006, aucune estimation de l’étendue du trafic n’estfournie. Le rapport d’Ekberg de la politique suédoise de la criminalisationtraite seulement avec les développements du niveau des activités detrafic avant 2004, donc les amendements n’affectent pas directement sonarticle. Nous laisserons donc ce sujet de côté, comme il n’y a pas àla portée de cet article de quoi traiter avec de plus amples détails.

Déclaration 9
« Au Danemark, 5500 à 7800 femmes sont prostituées chaque année. Il estestimé que plus de 50% de ces femmes sont victimes de trafic d’êtreshumains. »(66)
« Chaque année » suggère une séquence. Le nombre de 5500 à 7800 estune estimation du nombre de femmes dans la prostitution, il ne réfère pasau nombre de femmes qui entrent dans la prostitution chaque année.L’expression « chaque année » permet une comparaison avec une autreprétention sur la même page de l’article d’Ekberg :
« Le NCID estime qu’entre 400 et 600 femmes sont trafiquées vers laSuède chaque année… »
Comparer ‘50% ou plus des 5500 à 7800’ du Danemark au ‘400-600’ dela Suède suggère que la Suède a de manière accablante plus de succèsdans son combat contre le trafic que le Danemark. Tout d’abord, c’estune comparaison de chiffres incomparables, et deuxièmement, cela ne nousdit pas si ou non la situation en Suède a changé depuis lacriminalisation. En affirmant que « Il est estimé que 50% ou plus de ces femmes sontvictimes de trafic », Ekberg reproduit la prétention qui est présentéedans les débats publics, de ce qui n’est qu’un seul document écrit :un article du journal de Goteborgs-Posten.(68) Dans l’article de BrittLedberg où il est établit que :
« Il y a 5500 à 7800 personnes estimées dans la prostitution auDanemark. Il y a deux ans 30% d’entre elles étaient des citoyennesétrangères, cette année ce chiffre est de plus de 50% »(70)
Nous ne discuterons pas les chiffres présentés ici, en particulier lacomparaison entre 30% et 50%. Aussi, il serait plus correct de la part duGoteborgs-Posten de parler de personnes d’origine étrangère plutôt quede citoyens étrangers. (71)Nous noterons cependant, que l’article de Ledberg ne fournit aucunedonnée qui puisse justifier l’assertion d’Ekberg- que la moitié (ouplus) de ces femmes dans la prostitution au Danemark sont victimes detrafic. Ceci est un exemple de la commune confusion entre prostitutiontransnationale et trafic. L’article de Ledberg traite en premier lieu de la prostitution de rue,plutôt que de la prostitution en général. Une comparaison des politiquessuédoises et danoises sur la prostitution ne devrait pas être faîte surles bases de la prostitution de rue uniquement. L’information et lespoints de vue présentés dans les rapports du NCID sont réitérés, maisaucune preuve indépendante n’est fournie. Prostitution et prostitutionde rue sont mélangées. (72)Conclusion. Ekberg présente ces données de façon qui suggère aulecteur, que les chiffres de Suède et du Danemark peuvent être comparésl’un à l’autre. Ceci facilite une conclusion invalide : que la Suèdea de manière accablante réussi à combattre le trafic, comparée auDanemark. (Pour des exemples spécifiques de telles comparaisons invalidesinspirées de l’article d’Ekberg, voir Annelise Ebbe : Skal vi havesvenske tilstande? (73) et Agnete Strom : Erfaringer med den svenske lovenom kjøp av seksuelle tjenester (74). Ekberg confond prostitutiontransnationale et trafic. Sur ces bases de confusion, elle présentel’extrême notion de moitié (ou plus) des femmes dans la prostitution auDanemark comme étant victimes de trafic, une prétention qui ne peut êtresoutenue par aucune preuve. Au total, on peut se demander si la confusiond’un article de journal entre prostitution et prostitution de rue estpertinente comme une quelconque preuve.
Déclaration 10
« Le NCID estime qu’entre 400 et 600 femmes sont trafiquées vers laSuède chaque année, principalement des pays d’Europe de l’Est commel’Estonie et la Lithuanie, aussi bien que de Russie. Ce nombre est restéparfaitement constant durant les dernières années… »(75)
La source indiquée est le sixième rapport du NCID. Ce que ce rapport diten fait à propos du développement de ce nombre des victimes de trafic estceci :
« Que l’information concernant le trafic des êtres humains augmenteavec persistance ne signifie pas nécessairement que le nombre de crimesaugmente mais qu’il peut être causé par le fait que la police etd’autres perçoivent ce crime et le comprennent d’une autre façon queprécédemment…Cette évaluation faîte par le Départementd’Investigation Criminel National du nombre de victimes de traficd’êtres humains peut avoir été trop bas dans les annéesprécédentes. »
Le rapport n’établit pas que le nombre est resté ‘parfaitementconstant’.Autant dans le cinquième que dans le sixième rapport annuel sur letrafic, issu du NCID, il est affirmé qu’il y a une augmentation eninformation reçue concernant le développement du nombre de femmessujettes au trafic. (77)Dans le cinquième rapport, il est signalé qu’une part del’information n’a rien fait sortir qui soit en rapport avec le trafic,mais peut être d’autres formes de crime ou de prostitution. (78)En conséquence, le NCID dresse la conclusion suivante à propos desdéveloppements de 2002 :
« En dépit du fait que le nombre de rapports sur le trafic d’êtreshumains des départements de police a augmenté, il n’y a pas assez defaits pour rendre possible d’établir que l’existence réelle du traficd’êtres humains vers la Suède a augmenté. Mais il n’y a rien quiindique que le trafic d’êtres humains a diminué. Selon des évaluationsdu Département d’Investigation Criminel National…. entre 200 et 500femmes ont été sujettes au trafic en Suède. »
Ce chiffre (200-500) est le même que celui du précédent rapport annuel.Dans le sixième rapport annuel ce chiffre a augmenté à 400-600 :
« Le Département d’Investigation Criminel National a faitl’évaluation qu’ente 400 et 600 femmes ont été victimes de traficd’êtres humains en Suède en 2003. »(81)
Cependant, ceci ne représente pas nécessairement une augmentation, commeexpliqué dans l’extrait précédent du sixième rapport. Quand elle prend forme, l’image n’est pas claire. Beaucoup dépend del’interprétation de l’écoulement croissant de l’information. Est ceune expression rapportée des registres perçus, mais non existant, de casde trafic (comme suggéré dans le cinquième rapport) ou cela reflètet’il la réalisation d’une étendue réelle, mais jusqu’ici inconnue,du nombre de cas de trafic (comme suggéré dans le sixième rapport) ? Oucela représente t’il une augmentation réelle du trafic dans sonensemble ? La réponse n’est pas claire comme exprimée ci-dessus. Conclusion. Le sixième rapport du NCID exprime une incertitude sur uneaugmentation réelle ou non du nombre de victimes de trafic. Quand ilprétend que le « nombre est resté parfaitement constant durant lesdernières années » l’énoncé d’Ekberg représente mal lesconclusions de ce rapport. Il n’est pas clair que l’augmentation del’écoulement de l’information et des chiffres représente uneaugmentation réelle dans le niveau du trafic, ou qu’il représente uneaugmentation du savoir à propos d’une situation plus stable. Laprécaution devrait donc être appliquée. Il n’est pas nécessaire doncque le nombre de victimes de la traite soit resté parfaitement constant.

Déclaration 11
« Dans ses rapports (Kajsa Wahlberh, Rapporteure Nationale sur le Traficdes Femmes) publiés en 2003 et 2004, elle note qu’il y a des indicationsclaires que la loi (contre l’achat de services sexuels) a eu des effetsdirects et positifs en limitant le trafic des femmes dans la prostitutionen Suède. (82)
Le rapport se réfère ici aux rapports de la situation 5 et 6 du NCID.(83) Tout d’abord, nous devons garder à l’esprit, que les rapports du NCIDn’indiquent pas de réduction du niveau de trafic. Whalberg prétend, que la criminalisation de l’achat de services sexuelsa eu certains effets. Concernant la situation après la criminalisation,Wahlberg signale que :
« Les femmes doivent être escortées jusqu’aux acheteurs mais ellesn’ont ensuite pas le temps avec tous ces acheteurs comme ellesl’auraient dans un bordel ou dans la prostitution de rue. »(84)
« Pour continuer leurs activités en intérieur il est nécessaired’avoir plusieurs appartements ou d’autres locaux disponibles et queces activités ne se poursuivent pas trop longuement dans le même endroit.»(85)
En conséquence, les criminels se plaignent à ce propos :
« … du fait que les activités en Suède doivent être plus organiséespour être profitables »(86)
Ainsi, agir sur le marché suédois pose de plus grands défis auxcriminels. En effet, Wahlberg prétend que quelques business de trafic, quipouvaient potentiellement avoir lieu en Suède se sont dispersés versd’autres pays :
« Le Département d’Investigation Criminel National a pour opinion quela loi relatant à l’achat de services sexuels continue sa fonction debarrière contre les trafiquants d’êtres humains s’établissanteux-mêmes en Suède. Ils préfèrent se déplacer vers d’autres marchésplus attractifs et lucratifs comme la Norvège ou le Danemark. » (87)
Cette diversion des activités est expliquée facilement, Comme Ekberg lenote elle-même :
« Les trafiquants et les proxénètes sont des businessmen qui calculentleur profit, les facteurs du marché, et les risques d’être pris quandils décident dans quel pays ils vont vendre des femmes dans laprostitution. »(88)
Conclusion. La déclaration d’Ekberg que la criminalisation a eu deseffets positifs en limitant le trafic des femmes pour la prostitution enSuède est compatible avec les conclusions des rapports de la NCID.Cependant concernant le NCID, les activités sont à certains degrésdéviés vers d’autres pays parce que le marché suédois n’est plusprofitable, contrairement aux opérations qui atteignent un plus hautniveau d’organisation. Dans la version d’Ekberg, le lecteur est laisséavec l’impression que la loi de criminalisation est une contribution aucombat contre la traite dans son ensemble, ce qui ne peut pas êtresoutenu. Il aurait été aussi pertinent pour Ekberg de considérer si : «le fait que ces activités en Suède doivent être plus organisées pourêtre profitables » tend à freiner ou à alimenter le business de trafic.


Quelques remarques sur la rhétorique et le discours de l’articled’EkbergLes discussions de rhétorique et de discours ne sont pas l’objectif decet article. Cependant, quelques remarques devraient être faites, afin decompléter le tableau. La rhétorique elle-même contribue à une perception particulière dessujets discutés dans l’article d’Ekberg. Ceci est peut-être plusclairement perceptible dans une certaine rhétorique de groupes, dispersésau travers de l’article. Un de ces groupes est « femmes et enfants »,impliquant que nous ne devrions pas distinguer entre la prostitution desfemmes et celle des enfants. Une autre est « prostitution et trafic »,impliquant que nous ne devrions pas distinguer entre ces deux sujets. «Femmes et enfants (ou filles) apparaît 67 fois, et « prostitution ettrafic » 36 fois dans cet article de 32 pages. Les femmes dans la prostitution sont décrites comme des victimes passives,la prostitution est imposée à elles par des hommes.
« … les femmes et les filles qui sont poussées et gardées dans laprostitution… »(89)
En conséquence, la loi de criminalisation légitimement
« … dissipe l’autoproclamé droit des hommes d’acheter des femmes etdes enfants pour la prostitution et questionne l’idée que les hommesdevraient être capable d’exprimer leur sexualité sous toute forme et àtout moment. »(90)
On nous dit que
« En conséquence, les femmes et les enfants prostituées qui sont vuscomme des victimes de la violence masculine ne risquent pas de pénalitéslégales. A la place, ils ont le droit à l’aide pour échapper à laprostitution. » (91)
Quelques commentateurs en Suède demandent : Ont ils également le droit dene pas être aidé à quitter la prostitution ? Lorsque discutée, la critique s’est élevée contre la législationsuédoise, Ekberg évite alors les plus importantes critiques : lasécurité réduite pour les femmes dans la prostitution, l’augmentationde la violence, l’augmentation de la stigmatisation, la prostitution estdevenue moins transparente, et il est devenu plus difficile pour lesprogrammes de travail social d’agir. Quelques critiques prétendent quele fait que le nombre de femmes qui offrent des services sexuels n’estpas un problème en soi, tandis que la violence, les viols, la dépendanceaux drogues, la pauvreté, le manque d’autonomie, etc, sont certainementdes problèmes plus sévères. Par conséquent, l’attention ne devraitpas être portée sur le nombre de femmes dans la prostitution, mais surles conditions dans lesquelles elle se déroule. Une humeur nationaliste peut aussi être identifiée dans cet article. Lalégislation nationale en Suède est présentée comme un exemple à suivrepour les autres pays. Le fait que le modèle suédois tend à exporter cesproblèmes à d’autres pays n’est semble t’il pas considéré commeun problème. Le combat contre le trafic est profondément vu commenational, plutôt que dans une perspective internationale. Les politiquesdéfendues par Ekberg ne traverse pas les frontières, même si le modèlenational suédois est exporté vers les autres nations.
ConclusionL’article d’Ekberg présente des faits (falsifiés ou non) et unprogramme à la fois normatif et idéologique. Etant donné la taille del’article, la partie sur les faits stricts n’est pas substantielle. Les sources utilisées. Certaines des sources utilisées par Ekberg sont dequalité inférieure. Quand elle prétend qu’on estime que le nombre defemmes dans la prostitution a diminué de 2500 en 1999, avant que la loientre en vigueur, à pas plus de 1500 femmes en Suède en 2002… » laseule preuve spécifique écrite par Ekberg peut être reliée à deuxpauvres et faibles recherches et articles de journaux erronés (Parkrud etLindberg). Quand elle prétend à propos des femmes dans la prostitution auDanemark, qu’on estime que 50% et plus de ces femmes sont victimes detrafic d’êtres humains » la seule preuve écrite que présente Ekbergest un autre article de journal faible et erroné (Ledberg). Aussi les‘conversations personnelles’ sont utilisées comme matériel de sourceplutôt qu’extensivement (déclarations 8 et 9). Si ces conversationsdevaient servir comme preuve, nous devrions savoir qui a dit exactementquoi, et – plus important – ce que rapporte, le matériel oul’analyse sur lesquels ces énoncés sont basés. Aucune de cesinformations n’est fournie par Ekberg. Aussi les informations danoises deTV2 sur Internet sont utilisées comme matériel de source (déclaration7). Fréquemment, aucune source du tout n’est indiquée. (déclarations1, 2 et 5). Quand on arrive à des faits graves (comme opposés à des étudessociologiques ou linguistiques) l’utilisation des sources de cette naturedevrait généralement être découragés. Un article de journal peutêtre une source utile, mais il doit être fait un examen critique dessources, leur contenu et la qualité de l’article. Deux des troisarticles de journaux mentionnés ci-dessus ne réussissent même pas àdistinguer la prostitution de rue de la prostitution. Si des articles dejournaux sont utilisés sans aucun sens critique, presque aucunedéclaration ne peut se justifier, juste en sélectionnant la citationapproprié. Excepté par l’utilisation de sources inférieures (ou d’aucunesource), Ekberg dresse fréquemment des conclusions qui sont directement encontradiction ou autrement en conflit avec les preuves des sourcesutilisées. Quel remaniement des marchés de la prostitution ? Ekberg prétend(déclaration 4) qu’ « il n’y a pas de preuve que la vente des femmess’est déplacée des rues à Internet… ». (Ekberg se réfère à unesérie de rapports non publiés). Selon les rapports du Bureau National dela Santé et du Bien être, un remaniement a eu lieu, bien qu’il n’estpas clair si, ou à quel degré, ceci est un résultat de lacriminalisation. Qu’importent les causes, un déclin de la prostitutionde rue et une augmentation sur Internet (et d’autres types) de laprostitution ont eu lieu simultanément. Ceci est soutenu par d’autrespreuves (Ostergren). Donc, Ekberg est dans l’erreur en prétendantqu’il n’y a pas de preuve que la prostitution s‘est déplacée desrues à Internet. Il n’est pas non plus correct de dire (déclaration 3)que le recrutement de nouvelles femmes dans la prostitution de rue estpresque parvenu à un arrêt. (Il n’est pas clair quelle source a étéutilisée dans ce cas). L’affirmation d’Ekberg (déclaration 5) « Iln’y a pas d’augmentation notable du nombre d’hommes suédois quivoyagent vers d’autres pays comme touristes sexuels » représente mall’existence des connaissances. (Aucune source n’est indiquée). Avantla criminalisation seulement 20 % du nombre total de contacts dans laprostitution avaient lieu en Suède. Ainsi, une des questions aurait puavoir pour base l’augmentation du tourisme sexuel au moment de lacriminalisation : les utilisateurs suédois de la prostitution voyageaientdéjà à cette date vers l’étranger. Au lieu de ça, il y a en fait uneaugmentation du tourisme sexuel suédois. Quand on parle seulement deprostitution de rue, plutôt que de la prostitution dans son ensemble, ilest correct de dire qu’il y a eu un déclin de la prostitution. Il estcependant, trompeur de décrire ce déclin comme s’il était le résultatd’une certaine morale ou effet normatif de la loi. En évacuant ladiscussion du « déclin » ou du « remaniement », Ekberg suggère queles développements dans la prostitution de rue reflètent une nouvelleprise de conscience morale, et une diminution globale de l’offre et de lademande. La campagne d’affichage. Quand elle décrit une des affiches de lacampagne d’affichage de 2002 (déclaration 6) Ekberg déformedélibérément la traduction, (« Le micheton rôde maintenant dans la merBaltique »), probablement pour dissimuler la contradiction manifeste à cequ’elle prétend ailleurs dans le même article. C’est unedésinformation criarde. La confusion entre « prostitution » et « prostitution de rue ». Ekbergprétend que (déclaration 7) « Au début des années 1990, il y avaitapproximativement 2000 femmes dans la prostitution de rue danoise,comparées avec les 5500 à 7800 en 2004… ». (La source indiquée estles actualités danoises de TV2 sur Internet). L’énoncé d’Ekberg est manifestement faux et aussi inconsistant avecla source indiquée. Cet énoncé sert à donner au lecteur l’impressionque la Suède à de manière accablante plus de succès que ses paysvoisins. La réduction du marché de la prostitution ? Ekberg prétend qu’ « ilest estimé que le nombre de femmes dans la prostitution a diminué de 2500en 1999, avant que la loi entre en vigueur, jusqu’à pas plus de 1500femmes en suède en 2002… »(déclaration 8). (Sept sources sontindiquées : trois articles de journaux, une série de rapports nonpubliés, et trois conversations personnelles.) Malgré pas moins de septsources référencées, Ekberg ne réussit pas à spécifier même uneseule pièce de documentation ni d’une quelconque réduction du nombretotal de femmes dans la prostitution. Au moins deux des articles dejournaux sont de qualité inférieure, tandis que le troisième n’est paspertinent. Les effets sur le niveau du trafic d’êtres humains. Il n’est pas vraique le sixième rapport du NCID dit que le nombre de femmes trafiquées enSuède par an « est restée parfaitement constant durant les dernièresannées »(déclaration 10). En fait, le rapport exprime une incertitudesur la réelle augmentation ou non du nombre de victimes de trafic. Quandelle dit que « le nombre est resté parfaitement constant durant lesdernières années » l’énoncé d’Ekberg représente mal lesconclusions de ce rapport. La déclaration d’Ekberg (déclaration 11), que la criminalisation a eudes effets positifs en limitant le trafic des femmes dans la prostitutionvers la Suède est compatible avec les conclusions des rapports de la NCID.(rapports de la NCID indiquées comme source). Cependant, selon la NCID,les activités ont été déviées vers d’autres pays parce que lemarché suédois est mois rentable, ou au contraire que les opérations ontatteint un haut niveau d’organisation. Dans la version d’Ekberg, lelecteur est laissé avec l’impression que la loi de criminalisation estune contribution au combat contre le trafic dans son ensemble, ce qui nepeut être soutenu. Ekberg prétend (déclaration 9) qu’il est estimé que 50% ou plus detoutes les femmes engagées dans la prostitution au Danemark sont desvictimes du trafic (un article de journal et une conversation personnellesont indiqués comme sources). Ekberg ne fournit aucune preuve qui puissesoutenir cette extrême idée. Elle confond ‘prostitutiontransnationale’ et ‘trafic’. Aussi, Ekberg présente ces donnéesd’une manière à suggérer au lecteur, que les chiffres de Suède et duDanemark peuvent être comparés l’un à autre (La Suède émerge commecelle ayant réussi).Promouvoir un coup monté. Ekberg apporte aussi un coup monté issu dejournaux scandinaves à une audience internationale. C’est unemystification, débutant à Goteborg (Goteborgs-Posten), puis passant parhelsinki (Hufvudstadsbladet), puis à l’article d’Ekberg, et ensuitepar sa traduction en anglais à la communauté internationale via Internet.Ces articles de journaux (et en conséquence l’article d’Ekberglui-même) ne sont pas seulement de faible qualité, ils sont une source dedésinformation. En ce qui concerne les aspects factuels de l’article d’Ekberg, sesprincipes de base ont tous été évoqués au long de ce présent article.L’aspect normatif reste bien sûr. Au total, sur nombre de sujets clés,un matériel subordonné est utilisé comme preuve, et dans nombre de casles conclusions des rapports et d’autres sources ont été falsifiés,parfois grossièrement. Nous devrions noter que l’utilisation dematériel subordonné et sa falsification est toujours en soutien desprincipes d’Ekberg. Ces principes sont mis en valeur par l’emploid’une rhétorique extrême tout au long de l’article. La rhétoriques’y substitue à la documentation. De nombreux rapports ont étépubliés sur les développements au sein de la prostitution en Suède. Legouvernement d’Ekberg a longtemps été avide de prouver desdéveloppements positifs. La présentation d’une information factuelle dans l’article d’Ekberga été subordonnée aux fins de présenter une formule normativecohérente qui puisse être appliquée aux politiques sur la prostitution.Le rôle des faits, fallacieux ou non, est de fournir une position auservice de cette formule idéologique. En tant que tel, l’articled’Ekberg devrait être entièrement vu comme un manifeste politique,vendant les principes derrière les politiques suédoises sur laprostitution dans le monde entier, plutôt qu’un essai de rapporter leseffets de la prohibition de l’achat de services sexuels.
Les références (incluant les sources utilisées par Ekberg) :Dagens Nyheter, June 29 , 2001, p. A07: Gatans sexhandel minskar. Ebbe,Annelise: Skal vi have svenske tilstande? in Rød-Grønne Linjer no. 3,Copenhagen, 2006. Ekberg, Gunilla: The Swedish Law That Prohibits thePurchase of Sexual Services in Violence Against Women, vol. 10, no. 10,October 2004, Sage Publications. URL: http://vaw.sagepub.com/cgi/reprint/10/10/1187(retrieved November 7 th , 2006). The article isalso available at: http://www.prostitutionresearch.com/pdf/EkbergVAW.pdf. Ekberg, Gunilla: The Swedish LawThat Prohibits the Purchase of A Sexual Service: Best Practices forPrevention of Prostitution and Trafficking in Human Beings, 2005. URL: http://www.kvinnefronten.no/Tema_politikk/Vold_mot_kvinner/1714/Gunilla_Ekberg.pdf (retrieved January 7 th , 2007). Europol:Legislation on Trafficking in Human Beings and Illegal Immigrant Smuggling,2005. URL: http://www.europol.europa.eu/publications/Other/Reports%202005/Legislation%20on%20THB%20and%20IIS%20Public.pdf. Go?teborgs-Posten,September 30 th , 2003: Sveriges sexko?pslag effektivt vapen motkvinnohandel (retrieved from Retriever – Mediearkivet.se November 29 th, 2006). Go?teborgs-Posten, January 7 th 2004, p. 4: Prostitutionenminskar. Hedin, Ulla-Carin and Ma?nsson, Sven-Axel: Va?gen ut!, CarlssonBokfo?rlag, Stockholm, 1998. Hufvudstadsbladet, January 8 th , 2004, 1 st ed.: Sexko?pslagen biter – Prostitutionen minskar i Sverige. Ministry ofIndustry, Employment and Communications. Posters, campaign againstprostitution, 2002. URL: http://www.regeringen.se/sb/d/108/a/23639(retrieved December 17 th 2006). Ministry of Justice andthe police: Sexkjøp i Sverige og Nederland - reguleringer og erfaringer, Oslo, 2004. URL: http://www.odin.no/jd/norsk/dok/andre_dok/rapporter/012101-990544/dokbn.html. NBHW (National Board of Health and Welfare): Ka?nnedom omprostitution 1998-1999 (SoSrapport 2000:5), Linko?ping, 2000. NBHW(National Board of Health and Welfare): Prostitution in Sweden 2003 -Knowledge, Beliefs & Attitudes Of Key Informants, 2004. http://www.socialstyrelsen.se/NR/rdonlyres/A688D6244505-431F-A9CF-DCD7C12D0539/2719/200413128.pdf. NCID (NationalCriminal Investigation Department): Handel med kvinnor – La?gesrapportjuni 1999 (RKP KUT Rapport 1999:16), 1999. URL: http://www.polisen.se/mediaarchive/4347/3474/4637/RKP_Rapport_1999_16.pdf.NCID (National Criminal Investigation Department): Trafficking inwomen – Situation report no. 5 (RKP KUT 2003:1b), 2003. URL: http://www.polisen.se/mediaarchive/4347/3474/4637/Report_5_02.pdf. NCID(National Criminal Investigation Department): Trafficking in human beingsfor sexual purposes – Situation report no. 6 (RKP KUT 2004:2b), 2004.URL: http://www.gov.nf.ca/vpi/conf2005/day1/b/D1B505.pdf. NCID (National CriminalInvestigation Department): Trafficking in human beings for sexual purposes– Situation report no. 7, (RKP KUT rapport 2005:4b), 2005. Not availableonline. NCID (National Criminal Investigation Department): Ma?nniskohandelfo?r sexuella a?ndama?l – La?gesrapport 7, (RKP KUT rapport 2005:4),2005. URL: http://www.polisen.se/mediaarchive/4347/3474/4637/Rkp_Rapport_2005_4.pdf.
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Notes :(1) Je souhaite remercier le collectif anglais des prostituées (ECP) etSian Kilcommons pour leur assistance et leurs commentaires des premièresversions de cet article. Je souhaite également remercier l’équipe de labibliothèque de l’Etat et de l’Université, Aarhus du Danemark, etl’équipe de la bibliothèque municipale de Malmo en Suède, pour leuraide durant mes recherches.(2) The Swedish Law That Prohibits the Purchase of Sexual Services inViolence Against Women, vol. 10, no. 10, October 2004. Cet article ne doitpas être confondu avec The Swedish Law That Prohibits the Purchase of ASexual Service: Best Practices for Prevention of Prostitution andTrafficking in Human Beings. The latter is an updated version of the previous article, published in 2005.(3) Les ervices d’information des bureaux du gouvernement suédois ontexpliqué (9 Janvier 2007) que Gunilla Ekberg n’est à présent plusemployée au Département pour l’Egalité de Genre (ou d’autresinstitutions), ses fonctions ont cessées il y a moins de trois mois. Le 6Décembre 2006 elle était « une ancienne conseillère auprès dugouvernement suédois » (voir Catherine Rolfsen: How Do We Protect SexWorkers?).(4) Au 7 Janvier 2007, l’article d’Ekberg (l'une ou l'autre des deuxversions) a été téléchargé sur au moins six pages d'accueil,indépendamment de cela de l'éditeur original : CATW’s home page (URL:http://action.web.ca/home/catw/attach/Ekberg.pdf), Melissa Farley’s home page (URL: http://www.prostitutionresearch.com/pdf/EkbergVAW.pdf), home page of the Government ofNew Foundland and Labrador (URL: http://www.gov.nf.ca/vpi/conf2005/day1/b/D1B501.pdf), the home page of Women’s UNReport Network (URL: http://www.wunrn.com/news/02_05_06/020906_seden_prostitution.pdf).Kvinnefronten’s (Norwegian feminist organization) home page (URL: http://www.kvinnefronten.no/Tema_politikk/Vold_mot_kvinner/1714/Gunilla_Ekberg.pdf) and Balder Mørk Andersen’s (Danish politicalpersonality) home page (URL: http://www.baldersf.dk/wpcontent/uploads/GunillaEkbergomdensvenskelov.pdf). (5) Ekberg 2004, p. 1188-89. (6) Ibid. p. 1189. (7) Ibid. p. 1189. (8) Ibid. p. 1189. (9) Ibid. p. 1189. (10) Ibid. p. 1190.(11) Ibid. p. 1189.(12) Ibid. p. 1191.(13) Ibid. p. 1209.(14) Ibid. p. 1193.(15) Ibid. p. 1194. (16) NBHW 2004, p. 23-26. (17) Ekberg 2004, p. 1193.(18) NBHW 2004, p. 25.(19) Ekberg 2004, p. 1194.(20) De la traduction présente de l’auteur Voici l’original: “Detfinns ocksa uppgifter fran bade myndigheter och omraden som gor gallandeatt andra typer av prostitution har okat, exempelvis prostitutionen viaInternet, i lagenheter och pa restauranger/hotell.”. Source: NBHW 2000,p. 31.(21) De la traduction présente de l’auteur voici l’original:“Merparten menar att manga har sokt sig till andra arenor och kontaktsatt, sasom Internet och mobiltelefoner. En del prostituerade harskaffat sig en fast kundkrets och behover saledes aldrig rora sig igatumiljon.”. Source: NBHW 2000, p. 32.(22) 22 NBHW 2000, p. 31 and 33.(23) 23 NBHW 2004, p. 27.(24) 24 O?stergren 2003. (25) 25 Ibid. p. 38. Ci-dessus la traduction présente de l’auteur.Voici l’original: “Efter sexkopslagen ansag informanterna att det varsvarare att fa direktkontakt med kunder utomhus. Saljarna maste darforforlita sig mer pa andra kontaktkanaler som Internet och hallickar, vilketen del upplevde negativt.”.(26) Ekberg 2004, p. 1197. (27) NIPH 2000. (28) Ibid. s. 243. (29) Ibid. s. 244. (30) NCID rapport de la situation no. 5, p. 22. (31) Polistidningen no. 3, 2003. (32) Ekberg 2004, p. 1202-1203. (33) Ministère de l’Industrie de l’Emploi et des Communications, 2002. (34) Ekberg 2004, p. 1193-94. (35) TV2 May 6, 04. (36) De la traduction présente de l’auteur. Voici l’original: “ISverige med restriktive love er der 2.500 prostituerede mod mellem 5.500og 7.800 i Danmark.”. (37) Le chiffre de 2,500 est issu d’un rapport de 1995(Socialdepartementet: Konshandeln (SOU 1995:15), Stockholm, 1995). Cetteestimation était considérée comme étant trop élevée (seeHedin/Mansson, p. 315-316, note 9). (38) La loi est en entrée en vigueur le 1er Janvier 1999. (39) Ekberg 2004, p. 1193. (40) Goteborgs-Posten, Jan 7, 04. (41) La dernière épellation est correcte (juste au cas où quiconques'inquiéterait de rechercher l'article original)(42) Goteborgs-Posten, Jan 7, 04: “Le nombre de femmes offrant desservices sexuels dans les rues en Suède a maintenant diminué d’environun quart. ». Ce qui précède est la traduction de l'auteur. Voicil'original: “Cirka en fjardedel fa?rre kvinnor saljer i dag sex pagatorna i Sverige.”.(43) De la traduction présente de l’auteur. Voici l’original: “Cirka2500 kvinnor salde sexuella tjanster pa gatan innan forbudet mot kop avsexuella tjanster tradde i kraft 1 januari 1999. I dag, fem ar senare, harantalet prostituerade sjunkit med mellan 500 och 1000 kvinnor.”. (44) Hufvudstadsbladet, Jan 8, 04. (45) De la traduction présente de l’auteur. Voici l’original:“Goteborgs-Posten har utrett hur lagen bitit i Sverige. Dar tradde den ikraft den 1 januari 1999. Da raknade man med att det fanns 2500prostituerade i hela landet. Nu, fem ar senare, har de minskat med 500 –1000. Uppgifterna kommer fran polisen och socialmyndigheterna.”.(46) Goteborgs-Posten, Jan 7, 04: “Il est clair que la prostitution derue a diminué depuis que la loi est entrée en vigueur, bien que leschiffres ne sont pas précis, ils sont basés sur les informations de lapolice et des autorités sociales, indique Sven-Axel Månsson, professeurde travail social à l'université de Gothenburg. ». Ce qui précède estla traduction de l'auteur actuel. Voici l'original : “Det ar tydligt attgatuprostitutionen har minskat sedan lagen tradde i kraft aven om siffrornainte ar exakta, de bygger pa uppgifter fran polis och socialtjanst, sagerSven-Axel Mansson, professor i socialt arbete vid Goteborgsuniversitet.”. (47) Dagens Nyheter, June 29, 01. (48) La dernière épellation est correcte (juste au cas où quiconques'inquiéterait de rechercher l'article original).(49) Malmskillnadsgatan est le site de la prostitution de rue à Stockholm. (50) Polistidningen no. 2, 2003. Ci-dessus la traduction présente del’auteur. Voici l’original: “Kriminaliseringen av sexkoparna harbidragit till en minskning av gatuprostitutionen i Sverige. Antaletprostituerade kvinnor pa Malmskillnadsgatan har mer an halverats. Daremotvet vi inte om den fatt nagon effekt pa den totala prostitutionen, sagerkriminalinspektor Anders Gripenlof vid prostitutionsgruppen i Citypolisensspaningsrotel.”. (51) NCID rapport de la situation no. 1, p. 3. Europol définit l'acte detrafic en tant que « le recrutement, le transport, le transfert,l’hébergement ou l’accueil des personnes, en recourant à la force, àla menace ou d’autres formes de contraintes, ou par enlèvement, fraude,tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité. Cesformes de l'exploitation incluent également la production, la vente ou ladistribution du matériel de pornographie d'enfant. » (Source : Europol,P. 13).(52) United Nations, 2000.(53) La surveillance dans ce domaine a été demandée par le gouvernementsuédois dans une décision de 1997 (voir Proposition 1997/98 deRegeringens : 55, annexe 12, section 3.2). (54) Voir lag (2004:406) Brottsbalken 4 kap 1 a §. (55) La commande arrogante (‘att ta kontroll’) est un extensionsuédoise de la catégorie des ` actes criminels' (recrutement, transport,le transfert, hébergement ou réception des personnes) de l'article 3 duprotocole de Palerme. L'état de la commande est réalisé quand letrafiquant est responsable de la victime par des actes criminels . Cesactes peuvent être l'emprisonnement ou la menace permanente, mais ilspeuvent également être « à caractère plutôt subtile » (voir laproposition 2003/04 de Regeringens : 111, P. 49-and 64-68). (56) NCID situation report no. 7, p. 11 in the English version, p. 12 inthe Swedish version. (57) NCID situation report no. 7, p. 34-35 in the English version, p. 33 inthe Swedish version.(58) NCID situation reports no. 7 and 8.(59) Selon la définition du protocole de Palerme des Nations Unies, letrafic et la prostitution transnationale organisée n’est pas la mêmechose. (60) NCID rapport de la situation no. 1, p. 27. Ci-dessus la traductionprésente de l’auteur. Voici l’original: “Ett problem i ma?tningenav problemet med handel med kvinnor a?r att mo?rkertalet a?r mycket sva?rtatt bera?kna. Det ligger i sakens natur att alla involverade parter,organisato?rerna, kvinnorna samt kunderna, inte a?r interesserade av insyni verksamheten.”. (61) NCID rapport de la situation no. 6.(62) Ibid. section 7.1. (63) Ibid. section 2. (64) Ministère de la Justice et de la police, note 299. (65) I.e. le trafic au sens du protocole de Palerme.(66) Ekberg 2004, p. 1199.(67) Ibid. p. 1199. (68) La source de l’auteur est une conversation personnelle avec DoritOtzen, directeur pour Reden (une ONG au Danemark). Ms. Otzen est connucomme étant partial sur ce sujet (69) Goteborgs-Posten, Sep 30, 2003.(70) De la traduction présente de l’auteur. Voici l’original: “Detfinns uppskattningsvis mellan 5500 och 7800 prostituerade i Danmark. Fortva ar sedan var 30 procent av dem utlandska medborgare, i ar ar siffranover 50 procent.”. (71) Une proportion notable des femmes danoises dans la prostitution auDanemark sont en fait bien qu’étant d’origine étrangère, d'un pointde vue légal, des citoyennes danoises ou des résidantes juridiquesautrement permanentes du Danemark.(72) “On a affirmé il y a quelques années de cela qu’il y avait 600femmes d'Asie parmi les prostituées de rue de Copenhague [...] ». ce quiprécède est la traduction de l'auteur. Voici l'original : “For nagra arsedan uppgavs att 600 kvinnor bara fran Asien fanns bland Kopenhamnsgatuprostituerade [...]”. This figure refers to women in prostitution,not street prostitution in particular (73) “Il est difficile de dire exactement combien de prostituées viventau Danemark, mais le nombre est estimé de 5450 to 7800 – dont la moitiéenviron de ces femmes ont été trafiquées. En Suède le nombre estestimé à environ 400 – 600 femmes trafiquées – ceci en dépit dufait que la Suède a une population d’environ 9 million.”. Ce quiprécède est une traduction de l’auteur d’un extrait d’Annelise Ebbe: Skal vi have svenske tilstande? in Rød-Grønne Linjer no. 3,Copenhagen, 2006. En voici l’original: “Det er svært at sige præcis,hvor mange prostituerede vi har i Danmark, men tallet skønnes at væremellem 5450 og 7800 – heraf er cirka halvdelen, kvinder der er blevethandlet over grænsen. I Sverige skønnes antallet at være omkring 400– 600 handlede kvinder – dette til trods for, at befolkningstallet i Sverige er ca. 9 mio.”. (74) “Suède: 400 – 600 femmes arrivent chaque année en Suède commevictimes de trafic en vue d’exploitation sexuelle. Danemark: 2,750 –3,900 femmes sont supposées victimes de trafic”. Ce qui précède estune traduction de l’auteur d’un extrait d’: Agnete Strøm:“Erfaringer med den svenske loven om kjøp av seksuelle tjenester”,Bergen, 2006. This is the original: “Sverige: 400 – 600 kvinner kommerhvert a?r til Sverige som offer for menneskehandel for seksuelle utnyttingDanmark: 2.750 – 3.900 kvinner antas a? være offer formenneskehandel”. Strøm’s paper is heavily dependent on Ekberg’sarticle.(75) Ekberg 2004, p. 1199. (76) NCID rapport de la situation no. 6, section 7.1. (77) Le cinquième rapport annuel: “Il y a une augmentation continuellede l’écoulement de l’information et le nombre de cas reçus auDépartement d’Investigation Criminel National” (NCID situation reportno. 5, p. 29). Le sisxième rapport annuel: “L’information auprès desautorités de police au sujet du trafic supposé d’êtres humains en vued’achats sexuels a augmenté en 2003.” (NCID situation report no. 6,section 2).(78) NCID rapport de la situation no. 5, p. 29. (79) Ibid. p. 4. (80) NCID rapport de la situation no. 6, section 2. (81) Ibid. section 2. (82) Ekberg 2004, p. 1199. (83) NCID rapport de la situation no. 5 and NCID situation report no. 6.(84) NCID rapport de la situation no. 5, p. 34. Likewise, Ekberg note que“La présence de femmes étrangères dans la prostitution de rue estparvenu presque à un arrêt [...]” (Ekberg 2004, p. 1194). (85) NCID rapport de la situation no. 5, p. 34. (86) Ibid. p. 34. (87) NCID situation report no. 6, section 8.3. (88) Ekberg 2004, p. 1200. (89) Ibid. p. 1191. (90) Ibid. p. 1205. (91) Ibid. p. 1189.