samedi 25 novembre 2006
Journée Mondiale contre les violences faites aux femmes
abolitionnisme = violence faite aux travailleuSEs du sexe !
A
l’occasion de la Journée Mondiale contre les violences faites
aux femmes, nous entendons faire valoir nos droits au respect, à la
dignité et au libre exercice de notre métier.
On entend régulièrement parler de prostitution mais beaucoup
plus rarement les prostitué(e)s. Parmi les différents discours,
celui qu’on entend le plus est celui des adversaires de la prostitution
qui prétendent connaître mieux que les intéressé(e)s
eux-mêmes les réalités du métier. La victimisation
et la culpabilisation sont leurs outils de propagande privilégiés
: selon eux, toute prostituée serait une victime et tout homme qui vient
la voir serait responsable de ses souffrances! Incapables d’entendre
d’autres points de vue que le leur, ils estiment que leur conception
de la sexualité est la seule valide et veulent l’imposer. Le seul
résultat de cette stratégie est l’aggravation de la stigmatisation
de touTEs celles et ceux qui ont choisi de vendre des services sexuels. La
coupe du monde de football a été l’occasion d’un énorme
battage médiatique sur l’importation de femmes de différents
pays pour l’occasion. Cette campagne qui s’appuyait sur des chiffres
fantasmatiques a constitué une véritable entreprise de désinformation
du public : NON, l’État allemand n’a pas « importé » 40
000 femmes sous la coupe de réseaux. L’Allemagne a seulement adopté une
position responsable vis à vis des travailleurs du sexe qui bénéficient
des mêmes droits que tout autre citoyen, alors qu’en France, où prévaut
l’hypocrisie et le mensonge, ils et elles sont traité(e)s en parias
et en délinquant(e)s.
La prostitution n’est pas illégale en France, mais les moyens
de l’exercer le sont. La loi pour la sécurité intérieure
a fait du racolage un délit puni de 2 mois de prison et 3 750 € d’amende.
Le Parti Socialiste appuyé par les organisations de personnes abolitionnistes
veut pénaliser nos clients. On peut s’interroger sur le sens et
l’éthique de ces mesures puisqu’elles sont censée
lutter contre les réseaux de proxénétisme. Punir une victime
de réseaux ou une femme libre constitue-t-il une mesure efficace et
juste pour parvenir à neutraliser l’action de ces réseaux
mafieux ? Les bilans successifs du ministère de l’intérieur
sont étrangement muets sur le sujet…En Suède où l’Etat
a mis en place une loi pénalisant nos clients, nos sœurs ont été forcées à plus
de clandestinisation et les proxénètes en ont largement profité.
Ces lois n’ont eu pour impact que de favoriser le proxénétisme
et les actes de violence contre nous.
Nous, travailleurs et travailleuses du sexe, libres et indépendants
de tout système proxénète entendons défendre le
droit à exercer notre activité. Notre dignité n’est
pas à vendre, elle n’appartient qu’à nous. Nous refusons
le seul statut qu’on nous propose : celui de victime et nous dénions
aux entrepreneurs de morale le droit de décider à notre place
de notre sort et de notre avenir. Nous entendons faire respecter nos droits
et lever le principal obstacle qu’est la criminalisation de notre métier
en exigeant l’abrogation de ces dispositions liberticides et nous exigeons
un véritable statut de travailleur indépendant. N’attendons
pas passivement…


