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... Voici une liste de personnes poursuivies au nom des lois contre le proxénétisme :

 

1) des gérants engagés par une prostituée pour organiser ses heures et lieux de rendez vous.

2) des amis, des amies ou un mari avec qui une prostituée partage ses revenus et son logement.

3) des enfants adultes de prostituées dont les ressources proviennent des gains illégaux de leur mère.

4) les parents d'une prostituée qui reçoivent de leur fille des cadeaux ou de l'argent.

5) des propriétaires d'hotel qui louent à une prostituée un espace de travail.

6) des hommes qui forcent une femme à faire l'amour contre de l'argent.

7) des hommes qui promettent à des femmes soit le mariage soit un travail non sexuel, puis les obligent à se prostituer.

 

Les deux derniers exemples sont des cas d'abus évidents. Toutefois les lois contre le proxénétisme ne font pas la distinction entre les actes abusifs et les actes commerciaux et/ou les décisions ou circonstances privés. La plupart des prostituées dépendent d'actes commerciaux avec des tierces personnes et beaucoup de prostituées ont une famille qui dépend de leur revenu. Les lois anti-proxénétisme ont été conçues pour protéger les femmes, mais en pratique elles font souvent peser des menaces de sanctions sur les prostituées, leurs ami/e/s et leur famille...  "


Comme le dit très bien Gail Pheterson : "Ne nous laissons pas fourvoyer lorsqu'on veut nous faire croire que les lois qui criminalisent le proxénétisme sont en faveur de la sécurité ou des droits humains des femmes ; dans la grande majorité des cas à travers le monde, ces lois servent à rationnaliser le harcèlement, l'arrestation, l'emprisonnement et l'expulsion des femmes, infiniment plus qu'à réfréner les profits ou les agressions de tierces personnes. La seule solution à l'oppression des femmes exploitées en tant que prostituées, c'est d'éliminer politiquement la notion même d'infraction économico-sexuelle féminine (volontaire ou forcée) et ce, en accordant à toutes les femmes les mêmes droits, libertés et protections contre les violences que ceux dont sont habilités à disposer les êtres humains en général, c'est à dire les hommes. "

Dans cette rubrique sur le proxénétisme, il ne s'agit donc pas pour nous de demander plus de répression. Celle-ci en plus d'être inutile, ne s'attaque qu'aux personnes avec qui nous vivons ou à nous-mêmes contre toute auto-organisation de notre travail. En revanche quand il s'agit de combattre les violences et extorsions de nos revenus qui existent dans nos métiers ces mêmes lois ne sont que très rarement appliquées. Alors que nous pouvons être condamnées pour proxénétisme pour le seul fait de travailler en association, nos plaintes ne sont en revanche presque jamais prises en compte quand nous sommes victimes de viols ou d'abus.
Nous n'avons pas besoin de lois spécifiques contre le proxénétisme parce que nous sommes des putes, il suffit d'appliquer les lois déjà existantes pour tout le monde contre les violences et le code du travail.
Nous demandons donc l'abrogation de toutes les lois actuelles contre la prostitution et le proxénétisme et la simple application de nos droits humains.

Le tableau de revendications qui suit propose ainsi des solutions vers plus de droits, et à défaut de supprimer la notion même de proxénétisme, si nous continuons de l'employer, c'est pour désigner uniquement les situations d'abus, de violences, de coercition et d'extorsion de nos revenus.


Contre les contraintes dans les métiers du sexe

 

CAUSES


1 Putophobie

 

 

 

 

 

 

2 Racisme

 

 

 

 

3 Transphobie

 

 

 

4 Toxiphobie

 

 

 

 

5 Sexisme

 

 

 

 

6 Homophobie

 

 

 

 

 

7 Âgisme

 

 

 

 

8 Pauvreté

 

 

 

 

 

9 Logement

 

 

 

 

 

 

10 Insécurité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 Santé

 

SOLUTIONS


Une lutte contre le proxénétisme crédible ne peut se faire qu’AVEC les travailleuSEs du sexe et non contre elles ni leurs clients ce qui revient à les pénaliser également. Il s’agit donc avant tout de :

Mettre fin à la répression des premières concernées et de leurs clients.

Reconnaître les réalités du travail sexuel et donc accorder les droits sociaux auxquels ont droit tout travailleur.

Abrogation des lois maintenant les prostituées comme inadaptées sociales.

Intégrer les travailleuSEs du sexe aux prises de décisions politiques, judicières et policières qui les concernent.


L’entrave à la liberté de circulation des travailleuSEs du sexe est la principale raison d’endettement pour payer des passeurs, et pire se retrouver piégéEs par des trafiquants.

Régularisation de touTEs les sans-papièrEs.

Droit d’asile pour les femmes et LGBT persécutéEs.

Permis de travail inclus avec le titre de séjour pour conserver le choix de son métier.


Droit au changement d’état civil selon le genre revendiqué afin d’avoir des papiers conformes à son apparence et donc entre autres se présenter sans crainte de discrimination à l’embauche.

La dépsychiatrisation de la transidentité.

L’intégration de la transphobie dans les lois anti-discriminations.


Les alcooliques n’ont pas besoin de se fournir auprès de dealers proxénètes. Les autres usagerEs de drogues sont elles réprimées par la loi de 1970.

Légalisation de toutes les drogues.

Libre délivrance pour les personnes dépendantes des produits consommés et dont la qualité est assurée afin d’éviter les risques sanitaires actuels.


Certains proxénètes peuvent être des conjoints violents.

Une loi contre les violences sexistes et conjugales sur le modèle de la loi espagnole.

Lutter contre les inégalités économiques dans le monde du travail en pénalisant fortement toutes les entreprises qui n’appliquent ni la parité au sein de leur conseil d’administration ni l’égalité salariale.


Beaucoup de jeunes Lesbiennes Gays Bis et Trans’ sont chasséEs du domicile de leur famille et se prostituent sans volonté personnelle réelle car n’ayant pas d’autres solutions de ressources.

L’égalité des droits.

Des lieux d’accueil communautaires pour les LGBT SDF.

La possibilité de choisir une nouvelle famille d’accueil homoparentale.

L’éducation contre les discriminations à l’école.


Le droit à la retraite pour les travailleuSEs du sexe.

La création de maisons de retraite pour les prostituées âgées souvent n’ayant plus de revenus car n’ayant aucun droit et exclues par leur entourage et les personnes de leur âge.

le droit de cotiser auprès d'organismes de retraite complémentaire sans aucune forme de discrimination


Le travail ne relève souvent pas d’une volonté propre mais d’une violence subie au profit d’un patron. Il faut donc protéger et améliorer les quelques droits sociaux permettant de survivre sans travailler.

Augmentation de tous les minimas sociaux.

Pas d’imposition des revenus du travail clandestin qui ne bénéficie d’aucune couverture sociale. Pas de devoirs sans droits !

Droit à l'assurance chômage en cas d'arrêt de son travail.


Quand il faut payer une nouvelle chambre d’hôtel toutes les nuits la contrainte économique au travail s’en trouve considérablement augmentée.

Suppression de toutes les clauses de bonne moralité dans l’accès au logement.

Application de la loi de réquisition des logements vides.

Reconnaissance du travail sexuel et de ses revenus dans l’acquisition d’un logement.

Suppression des clauses sur le proxénétisme hôtelier qui renvoie les prostituées à la clandestinité et les obligent à payer des chambres à des logeuses pour des prix 3 à 5 fois supérieurs à ceux du marché.


Quand la police insulte, raffle, humilie et tabasse il faut trouver d’autres protecteurs.

Abrogation de la LSI excepté l’article pénalisant les violences homophobes.

Formation des services de police et de justice par des travailleuSEs du sexe quant aux réalités du travail sexuel.

Instauration d’un numéro vert spécial relié à la police pour les putes, pédés et salopes en cas de violences ou de craintes de violences lors de rencontres sexuelles et permettant des interventions directes contre nos agresseurs.

Mise en place de systèmes d’alarme reliant les travailleuSEs du sexe au commissariat le plus proche du lieu de travail.

Embauche de femmes, LGBT et minorités au sein de la police.

Protection des lieux de dragues et de sexualité en plein air.


Tous les autres travailleurs peuvent bénéficier de congès durant les périodes où ils sont malades. Beaucoup trop d'entre nous préfèrent continuer à travailler pour ne pas perdre de revenus.

Accès gratuit à tous soins sanitaires, gynécologiques, psychologiques et de prévention vih/sida.

Mise à disposition gratuite de matériel de prévention.

Programmes de prévention en direction des travailleuses du sexe et de leurs clients donc via les médias généralistes et grands publics car c'est le seul moyen d'accéder aux clients qui ne se reconnaissent pas dans des identités minoritaires, et réalisés par des travailleuses du sexe.

Droit de souscrire à une complémentaire santé à tarif raisonnable sans aucune discrimination par rapport à notre métier ou notre statut sérologique.

Droit au congès maladie.

Application des lois sur la sécurité et contre la mise en danger des employés sur leur lieu de travail concernant le les tournages de films pornographiques et donc obligation du port du casque comme pour tous les métiers dangereux.

= FAIRE L’INVERSE DE LA POLITIQUE DE SARKOZY !